16.03.2011
L'inconnu
Extraits de mon journal:
Lundi 7 mars 2011
I don't care. It's not myself I see in the mirror anyways. MOI, je ressens, je regarde vers l'extérieur, je suis la caméra et le spectateur en même temps. C'est moi qui analyse ce qui se passe, qui contrôle ce que moi, je fais. Mais celle qu'il y a dans le miroir, je ne sais pas qui c'est. Chaque fois que je la regarde, je ne la reconnais jamais. Mais je dois vivre avec elle. Je dois vivre avec cette carcasse qui me suit partout. Je ne la supporte tellement pas! Ça me fait bizarre de me promener avec elle tout le temps. Je ne suis pas elle, totalement pas. Pourtant, tout le monde pense que je suis elle car c'est elle qu'ils voient toujours en premier. C'est genre une imposteure qui se fait passer pour moi et s'attribue mon identité. Je la déteste, elle m'énerve. J'aurais souvent envie de lui trancher la gorge à cette autre fille dans le miroir, voir son sang se déverser, voir son visage souffrant et implorant, sans personne pour lui venir en aide. Moi, je rirais de l'intérieur. Ne ressentant rien du tout, aucune empathie, peut-être même une démoniaque satisfaction. La voir pleurer de douleur, la réduire en milier de morceaux de peau lacérée. Je ne sais pas pourquoi je la déteste comme ça. C'est arrivée un jour où j'en ai vraiment eu marre et j'ai voulu sa mort. Depuis, je n'arrive plus à vivre avec elle. Elle m'irrite au plus haut point à chaque seconde. Je voudrais la fuir. Qu'elle me laisse tranquille!
Dimanche 13 mars 2011
On ne pourra jamais savoir réellement à quoi ça aura servi de vivre; ça n'a pas d'utilité. Les éléments de la Nature sont utiles à d'autres éléments, qui seront utiles à d'autres à leur tour. Mais, à la base, l'utilité de chacune des espèces est inexistante. La Planète n'a pas un "but" quelconque. Rien n'existe fondamentalement "pour" quelquechose. Les humains ne font pas exception. Mais nous, nous avons la conscience d'exister (dammit). Tout autre espèces (animal, végétal, minéral) se retrouve à être figurant dans la vie des Hommes. Comme si la planète était un décor, et que l'Homme était le seul acteur de par sa conscience qu'il est quelque chose d'existant. Il a un égo gonflé à bloc à cause de ça, et de sa façon de penser qu'il est le plus qu'une espèce parmi les autres. Mais en fait, il n'en ai rien; nous ne sommes rien, des poussières, des pions, des figurants nous aussi au sein de la Vie naturelle. Mais l'humanité a pris le contrôle de la façon dont l'homme allait vivre sa vie. Tous et chacun dans la race humaine, et de toutes les races existantes en fait, est prisonnier de ce qui a été décidé par les hommes avant eux qui ne se sont pas rendus compte que nous ne sommes qu'un tas de molécules; que nous n'avons pas plus d'importance pour dame Nature qu'un jelly fish. Chacun fait partie du grand Tout, sans avoir une place ou grande ou plus petite. Je déteste faie partie de ça, je déteste en être prisonnière, je déteste en être consciente.
05:15
Écrit par Allie
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12.02.2011
Two in one
Ouf, vraiment beaucoup de rebondissements. Mais tellement que j'ai peine à suivre moi-même ce qui se passe parfois.
Mon moral allait bien. Je mangeais de mieux en mieux, m'accordant une nouvelle varitété d'aliments, me permettant de manger plus souvent. Je délaissais un peu les obsessions de nourriture, de poids, de minceur.
Je reprenais de l'énergie. J'allais à me cours, je faisais mon Taekwondo 2 fois/semaine. Je me familiarisais avec mon nouveau travail.
Je prenais peu à peu le contrôle sur ma vie, je le sentais, c'était tellement différent. Il me semble qu'enfin les choses se plaçaient. J'appréciais ces nouveaux changements, j'étais presque heureuse. J'étais déterminée à conserver cet état d'esprit. J'avais confiance que tout commençaient à aller mieux.
Samedi dernier. Je me suis réveillée en me sentant déjà survoltée. De l'énergie me sortait de partout. Mais là, c'était trop, impossible à canaliser. On dirait que c'était une surdose d'émotions, même positives. Je ne sais pas quoi en faire de ce feeling. Même si je suis bien contente, j'ai l'impression qu'il faut que je défoule ce surplus, parce que, sinon, ça va exploser. Je me sens "high", presque droguée. C'est une certaine anxiété. C'est trop bizarre.
Finalement, j'organise mon samedi et mon dimanche avec mon neveux et ma nièce que je garde. Je me lève tôt, alors que c'est mes seules journées de la semaine où je peux me reposer. Et c'est épuisant deux petits de 2 ans, et de 2 mois. Bref, je me suis brûlée en fin de semaine, même si ça a valu la peine.
Lundi. C'est la semaine, je n'ai pas envie du tout. Je veux pas aller à mes cours. J'en ai rien à foutre. Je suis vraiment fatiguée. Mes cours ne m'intéresses pas. Je suis frustrée ce matin. Contre tout et rien. Tout d'un coup. Sans qu'il ne soit rien arrivé de précis. J'en ai marre d'être là. Je suis frustrée contre moi qui n'est pas capable de remplir ses obligations simples comme aller à l'école.
Je choisis de sécher mon cours. Ça me tente pas, ok?! Je vais lire mes documents, mais c'est tout. Je suis remplie de mauvaise foi. Je m'en fiche. J'envoie chier la Terre entière. Ah fuck! Qu'est-ce qui s'est passé de samedi à maintenant pour que je passe d'un extrême survolté à un dégoùt global de la vie.
Je déteste ça quand je m'aperçois que je n'ai pas tout le contrôle que je voudrais sur moi-même. Tout allait pour le mieux, et ensuite, je feel comme de la merde. Non mais.....
Lundi midi, j'ai commencé à avoir mal au coeur. Mais je connais la marijuana thérapeutique. Ils donnent ça aux cancéreux contre les nausées causées par la chimiothérapie. Ah ben voilà. Tant qu'à avoir le moral super bas, je vais me le caler comme il faut, mais au moins je n'aurai plus mal au coeur. J'ai passé l'après-midi à m'enfumer le cerveau. Rien à foutre de pas être fonctionnelle, de pas remplir mes responsabilités.
Mardi, je vais pas à mon cours parce que....j'ai absolument aucune raison....juste que mon cerveau est polarisé sur la négative. Je crois que je suis seulement fatiguée de façon profonde. Peut-être. Au moins, le soir j'avais un ami qui me visitait. Au moins car sinon, ma journée aurait encore été totalement inutile. Être avec du monde me force à me botter le derrière. Mais j'ai bien envie quand même de continuer dans l'extrême. On a essayé une nouvelle affaire. Sauge des divins. Lui, il était habitué. Moi j'en avais pris un fois, et j'étais presque tombée sans connaissance, j'arrivais pas à me reconnecter, c'était un mauvais trip.
Cette fois. Wouahhhh, ça a été vraiment fou. J'étais dans une autre réalité, comme si je rêvais. Tout avais l'air si loin, si diffus, si irréel. C'était fuckée, comme si je tombais dans les pommes en continuant de voir autour de moi, en sachant que j'étais encore là, mais en pensant que je ne pouvais pas revenir dans la réalité. Weird...
Puis job, job, job. Je suis e-x-t-é-n-u-é-e. J'aime ça ma job. Mais les journées sont vraiment longues, je sens que je pourrais m'endormir à tout moment. Je fais quand même ce qu'il faut et bien. Mais j'ai du mal à socialiser. Je suis dans ma bulle. Je déteste ça, car, comme je suis nouvelle, je veux vraiment faire bonne impression. je ne veux pas qu'on pense que je suis bizarre. Je ne veux pas qu'on s'aperçoive que je suis bizarre.
Mercredi. Je me suis forcée à aller dîner avec mes collègues (soupe instantannée; poulet et nouilles; 100 calories). Oui, je veux tellement m'intégrer, avoir l'air normale.
Jeudi. Je suis encore plus fatiguée. J'ai un mini mal de coeur, pas dérangeant, mais juste assez pour que je n'aie pas envie de manger ma foutue soupe. Je ne vais pas dîner. En plus, je suis tellement dans ma bulle que je n'ai pas envie de parler. Je travaille 8 heures en ligne. Je rentre chez moi, je mange, pour la première fois de la journée. Je jase avec ma coloc de la Vie.
Aujourd'hui. Je suis à bout de force totalement. J'ai recommencé cette semaine à manger le minimum. Pas autant que j'avais fait récemment, où j'étais complètement faible et blanche, mais rien à voir avec les bonnes résolutions de la semaine dernière. Ça doit être pour ça que je me traîne sur les chapeaux de roue depuis. J'ai mangé une pomme à midi. Mes collègues étaient allées au resto et m'avaient demandé si je voulais venir. Dilemme: je veux être l'une des leurs, faire partie de leur petite clique, il faudrait que j'y aille avec elle au resto; mais là non, je peux pas, un dîner, un menu à 25$ l'assiette. Je suis restée dans mon bureau avec ma pomme et mon café. Erreur: un deuxième café de la journée qui m'a menée tout droit à une hypoglycémie à 15h tappantes. Tremblements, sueurs, jambes molles, confusion, nausée. Il faut que je mange vite, vite, j'arrive plus à rien faire. Mon corps est faible. RHHHHHAAAAAAAAAAA, j'en ai marre, j'en ai marre.
15h30, je m'en vais, j'ai fais mes heures de la semaine, j'en peux pu. Ce week-end, je dois dormir. Je veux pas que ça se perpétue, ça allait si bien. Je veux redevenir Moi que j'aimais, bon.
03:20
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16.01.2011
Inside insanity
Qu'est-ce que c'est que ce putain de sentiment de vide!? Je n'arrive plus à le contrôler. Ben, en fait, l'ai-je déjà contrôlé? Peut-être que j'arrive à détourner mon attention parfois.
Mais en ce moment, je n'ai rien. Pas de travaux, pas d'études. Je trouve tellement que je ne sers à rien.
Si j'ai la job que je convoite, j'espère pouvoir sentir que j'amène quelque chose, que j'ai une utilité, que ma présence est requise et appréciée. Mais, je n'ai pas la réponse encore et je stresse déjà à l'idée de travailler. Non, j'angoisse, je suis terrorisée, et figée sur place.
Ça c'est ma version rationnalisée de comment je me sens. En réalité, je ne comprends rien de rien à ce sentiment qui monte. J'ai envie de pleurer, de courir, de me cacher, de me sauver, de disparaître.
Arriver dans un milieu où toute action est un test à passer, où on doit faire ses preuves à toute seconde. Comme si je n'avais pas la légitimité d'être là. Je ne donne pas quelque chose aux employeurs, je quête un emploi. C'est comme ça que je pense. Parce que je n'ai pas l'impression que j'apporte quelque chose d'unique, ou que c'est de moi qu'ils ont besoin.....pas comme si j'appliquais pour un emploi où je sais que j'excelle, comparé à la moyenne des gens.
Si on me demandais de dessiner, là je pourrais être fière de dire que je peux rendre la commande mieux qu'un énorme pourcentage de la population. Je me sentirais valorisée, et fière d'apporter quelque chose particulier à moi.
Mais, un job plus ou moins de secrétariat, plein de gens peut faire ça; ils n'ont pas besoin de moi, ils s'en foutent de moi à la limite. Je suis qui au fond?
J'ai peur d'avoir la job. Tellement! J'ai peur de ne pas m'adapter assez vite, j'ai peur de ne pas être capable d'apprendre tout le fonctionnement, j'ai peur de toujours devoir demander de l'aide, j'ai peur de ne pas être à la hauteur parce que j'ai la tête ailleurs, parce que je retiens mal les choses. J'ai pas envie de parler au téléphone, de faire des commandes, des trucs "officiels" qui reposent sur moi.
J'ai peur parce que trois jours pleins de travail ça veut dire, se lever, avoir de l'énergie, cacher qu'on est épuisée, qu'on a envie de pleurer, qu'on se sent conne et nulle. C'est sortir, aller dans une équipe de travail alors qu'on voudrait se cacher du monde, raser les murs, passer inaperçue. C'est se forcer à faire des choses effrayantes pour soi, avoir le sourire, parler gentiment même si on est irritée par l'autre.
C'est fucking tout le temps mettre son masque et jouer un rôle. Je ne me sens capable de rien de tout ça.
J'ai besoin d'un emploi. J'ai besoin d'occuper mes trois jours libres de la session. J'ai besoin d'expérience dans mon milieu. J'ai des qualifications qui sont (un peu mais à peine) plus orientées vers le poste que la moyenne. J'ai un contact pour ce poste. J'avais l'air sure de moi en entrevue, j'avais la parole facile, et des bonnes réponses.
Mais ô God, j'ai peur d'être trop folle, trop instable, de ne pas être capable de ne pas le montrer, ou de le devenir encore plus, de péter les plombs.
I feel so insane. I AM so insane.
21:13
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14.01.2011
Imposture
Je n'écris parce que j'ai trop de choses à dire. J'arrive sur ma page pour poster et là, tout se mêle, tout me semble trop gros, et ça m'épuise seulement que d'y penser. Je flanche toujours avant même de commencer. Pourtant, jetter ça sur mon clavier, sur ces pages, ça m'aiderait peut-être à tout mettre en place, à m'en libérer.
Les vacances des Fêtes
Après mon dernier post, je suis partie une semaine en région avec la famille élargie. Le premier soir, j'ai été longtemps seule avec mes parents. Là, j'ai eu droit à tout un discours. "Allie, tu es toute blême, amaigrie, éteinte; comment est-ce que tu te nourris? Tu devrais reprendre tout à zéro; manger des légumes, des fruits, des fibres, des protéines, des produits laitier. Tu n'as plus aucune énergie, ça se voit de partout. Tu n'as pas de sourire éclatant." Puis même plus sérieusement. "Tu as un problème, si tu veux qu'on t'aide, on est là. Tu es encore pire qu'avant d'aller à l'hôpital. Essaye pendant le séjour de venir à table avec nous, en même temps que nous, mangez un peu de tout. Tu n'es pas du tout en santé, ce n'est pas normal d'avoir des calculs biliares ou des gastrites chroniques à 23 ans. Tu dois rétrouver un équilibre."
C'était, contrairement à d'habitude, un discours qui n'était pas du tout dans la confrontation, mais vraiment venant du coeur. J'avais envie de les croire cette fois, et même peut-être d'en parler avec eux. Ça m'a quand même touchée cette fois. Je suis mince, pas maigre, je suis correcte d'un point de vue extérieur. Sauf que je n'ai plus une once d'énergie, je vis sur les semelles. Je me traîne dans mes journées. Tout est une corvée. Être avec les autres, penser à plus loin.
Je leur ai donné raison, j'y ai réfléchi. Sans plus.
Le retour
C'est le retour en classe. Ce n'est pas que je n'ai pas envie, c'est que je ne m'en sens pas la force. J'étais épuisée de la fin de session. Puis sont arrivées les soirées des Fêtes. Puis le séjour à la capitale avec des enfants debout dès 7h30 et des journées de snowboard. Bref, je suis autant fatiguée. J'aurais tellement besoin d'une semaine pour deormir 15 heures par nuit. Et ensuite pouvoir repartir dans une autre session d'université.
En plus, je n'ai que deux cours. Je ne suis même plus une vrai étudiante. Je suis encore en marge de tout le monde sans l'avoir voulu. Sauf que, peut-être que j'aurai un emploi cette fois, les trois autres jours de la semaine.
La confrontation
Retour chez la psy aussi, lundi passé. J'avais un bon moral depuis début décembre, mais les trois derniers jours avaient été particulièrement difficiles. Beaucoup de tristesse concernant la solitude, concernant mon désir de relation amoureuse, d'affection.
Je suis arrivée en consultation sans vouloir parler, car ça faisait trop mal, c'était trop lourd. Alors ma psy a pris les devants: on regarde le journal alimentaire. Elle m'a dit qu'elle prenait de la formation à l'hôpital même où je suis allée. J'ai un peu la vanité de croire qu'elle le fait pour moi, car elle m'a déjà dit ne pas connaître les TCA (ni d'ailleurs y être vraiment intéressée), et n'avoir jamais eu de patient TCA. Et là, elle fait de la formation là-bas. Et m'a dit qu'elle aurait de la difficulté à appliquer leur technique car "elle est trop attachée à moi pour pouvoir faire de la thérapie cognitivo-comportementale". Je ne comprends pas pourquoi elle dit ça, mais ça me fait du bien, de penser qu'elle fait ça pour moi, puis qu'elle dise ça.
Mais elle m'a aussi dit par contre qu'elle trouvait que je tournais en rond depuis un bout de temps car j'étais complètement engouffrée dans mon trouble alimentaire. Que je m'étais "recroquevillée" depuis l'été, qu'elle m'avait déjà vu plus étincellante. Que j'étais carrément dans un mouvement de repli physique et psychologique. Que j'avais déjà eu de périodes où j'avançais énormément en thérapie, mais que là, pas du tout. Que c'était impossible de faire du travail à partir de ça. Et, elle aussi m'a dit, de façon que je ressens maternante et protectrice, que je n'avais pas l'air en santé, que j'étais blême et absente et n'avais plus d'énergie vitale. Qu'il faudrait impérativement se donner des objectifs d'alimentation ensemble parce que j'étais dans une spirale.*. Peut-être qu'il faudrait considérer prendre du poids. Certainement qu'il faut que je mange plus. Que je suis en restriction depuis 1 an, que ça n'a pas de sens.
*En passant, il parait que, pour les caucasiens, l'IMC santé est entre 20 et 25. Et que si il est baissé à 18,5 dans les publications, c'est pour tenir compte des asiatiques qui ont un petit squelette.
Tous ces commentaires, venant de ma mère, me seraient passés à 10 lieues au-dessus de la tête. "Les mères, elles veulent toujours nous surprotéger, et s'inquiète si on manque un peu de sommeil pour finir des travaux." Mais là, c'est une personne extérieure qui, ayant un récent attachement avec moi, s'inquiète de ma condition.
C'est rendu que je ne le sais plus. Ça m'a secouée et confrontée. Parce que j'en suis consciente d'une façon si lucide que je suis moi-même spectatrice de ce que je me fais subir. Parce que moi, j'ai toujours enduré et continué à vivre pour accomplir tout, même si j'étais plus faible. Mais que là, ça devient flagrant pour les autres. Que, même si mon corps ne veut pas maigrir à moins de 18,4 d'IMC, je ne suis plus qu'un infime pourcentage de moi-même.
De plus, ma psy m'a dit que c'est impossible que j'apprécie la vie avec si peu d'énergie. Elle a raison. Et je m'étais dit la même chose bien avant. J'en suis consciente. Je ne sais seulement pas faire autrement.
La réflexion
J'essaie encore de comprendre le pourquoi de la restriction, le pourquoi je ne peux pas arrêter. Ça doit être plus qu'une histoire d'obsession, plus que de l'anxiété, plus qu'un manque de confiance, plus qu'une haine de la vie, plus qu'un non-respect de moi-même, plus qu'un cri pour de l'affection, plus qu'une image idéale à atteindre, plus qu'un dégoût de la bouffe ou qu'un immense vide intérieur. C'est sans doute même plus que la somme de tout ça ou même que la multiplication de tout ça.
Peut-être que je comprends mais que c'est tellement intense tout ce qu'il me manque pour remplacer la fonction de mon TCA, que je ne peux même plus considérer m'em éloigner. Je suis perdue avec, j'ai tellement peur d'être encore plus perdu sans.
Je suis effrayée à l'idée que ça dure comme ça. Car là, je combats la faim et ayant, d'un côté vraiment peur de manger car mon estomac veut déborder après 8 bouchées. J'ai un bout de mon moral qui tient la route et désire se lancer dans des projets, s'investir dans les études, avoir une job, aller loin. Mais, le plus dur, c'est de me sentir à la traîne, si exténuée physiquement. Ce n'est pas descriptible. Ne jamais avoir de nuit reposante. Avoir envie de s'effondrer sur son lit 2 heures après le lever.
J'ai bien beau peut-être être dans le déni de l'ampleur de ma restriction et de ce que mon corps peut subir (car j'ai quand même dans l'idée, que si je ne maigris plus, c'est que je mange suffisament), si il y a une chose que j'avoue et que je ressens c'est bien la fatigue.
Puis en découle l'envie que personne ne me parle parce que je suis loin dans ma tête qui travaille à son minimum. Et l'anxiété quand mes amis veulent sortir mais que je ne veux pas bouger de chez moi. La négativité face à tout, car tout à l'air d'une montagne. Encore aller à mes cours, j'en ai marre, je n'en peux juste plus.
Et là, une job de rêve dans mon domaine, un entretien obtenu grâce à un contact dans la famille. Les employeurs très intéressés par mon CV. Et moi, qui voudrait à tout prix pouvoir entrer dans le milieu, occuper mon temps cette session, cet été, et l'automne prochain, en plus d'avoir amplement d'argent pour le loyer et dépenses superflues. Le rêve.
Sauf que je me dis que ça ne peut pas être possible si je continue à être si frugale. 21 heures en trois jours, être énergique, sociable, concentrée, positive...... (puis les heures de lunch avec d'autres employés).
La résolution
Peut-être.....je pourrais retrouver lentement un certain équilibre. J'avoue, vous avez tous raison. Puis j'ai envie de retrouver mon énergie. Peut-être que....je pourrais retrouver de la diversité dans mon alimentation. Manger un peu plus.
J'ai fait une épicerie avec des noix (comme toujours), des pommes, des cerises, des oranges, des pommes, du gruau, des potages de légumes. C'est un premier pas, parce que la restriction commence à l'épicerie: si je ne l'achète pas je ne le mangerai pas; si je l'achète, je m'engage à le manger car je ne veux pas gaspiller.
Je fais tranquillement un choix. Celui d'essayer au moins, de ne pas me forcer à restreindre. D'accord, je ne cuisinerai pas un poulet général-tao, avec riz et légumes sautés. Mais accepter de manger, à un moment où normalement, je m'en serais passé. Introduire des fruits et légumes (et éventuellement céréales) dans mon régime d'amandes et de barres de protéines. Me renseigner sur des menus normaux d'une journée.
Le combat
Si je penche d'un côté, l'autre tente de tirer plus fort. En naviguant sur des pages de menus régimes dans l'otpique de me trouver des références saines, ça renforce mes tendances de contrôle. Je suis déchirée entre mon nouveau choix et mes habitudes. Je suis ré-obsédée par les protéines, les indices glycémiques, l'IMC.
Je doute. Je sais que mon but est de manger. J'ai même envie de manger. Mais j'ai envie de contrôler. Lire des sites de régimes m'anène une certaine satisfaction du fait que moi, j'arrive encore mieux que toutes les lectrices de cette page, à me restreindre (that's totally insane). Je pense à mon poids, il a déjà monté un peu; je veux manger sans que ça ait d'incidence sur lui, sur ma silhouette. Je veux manger, sans le sentir dans mon estomac.
J'ai été ré-attirée vers des vidéos d'intervention auprès d'anorexiques et boulimiques, des films.... J'ai presque envie de couper encore plus, car je n'arrive plus à perdre du poids. J'idéalise ces silhouettes squelettiques. Je me dis que je veux avoir ça moi-aussi.
Je pense à tout ce "secret" au quotidien. Il y a quelque chose de maladivement excitant, un imbécile sentiment de supériorité, de réussite.
La résolution est là, pas parce que je ne supporte plus l'anorexie, mais parce que je dois rénourrir mon corps pour continuer dans la vie. Mais je n'ai aucune idée comment la lâcher. Ou alors, la lâcher, juste à moitié, juste ce qu'il faut pour avancer.
Les deux côtés, moi au milieu. Personne à qui en parler, je capote. Je capote. Je ne sais pas comment, mais il le faut.
Une fois de plus devant un ultimatum. Une fois de plus, une décision impossible. Encore et toujours vraiment mêlée.
01:02
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31.12.2010
Not loud enough
Un peu morose ce soir, ça faisit longtemps. Je comprends pourquoi, mais ça ne m'empêche pas de me sentir pas trop bien.
J'ai fumé hier soir, et j'ai mangé plein de bonbons hier et aujourd'hui. J'avais réatteint le 52kg, et ce matin, ça a remonté à 52,3 et je ne suis pas d'accord.
Aujourd'hui, j'ai résisté toute la journée à manger encore plus. J'ai grignoté un bout de barre de protéine, et un autre, et un peu de bonbon (au moins il ne m'en reste plus). Et là, j'angoisse d'avoir encore repris du poids.
Et ça, c'est à cause du pot je crois. Je n'aurais pas du. Et je crois que c'est pour ça que je feel déprimée ce soir.
Ça ne s'explique pas cette envie que j'ai de me sentir mince et légère. Si j'étais une photo, je me déchireraisde frustration. J'aurais envie de me couper la graisse à l'exacto. Celle que j'ai sur les hanches, sur le ventre, partout.
Je suis fâchée contre moi de ne jamais réussir à m'en tenir à ce que je dis. Je suis fâchée contre mon corps d'être comme ça, je suis fâchée d'être moi.
J'aurai sûrement l'air vraiment folle de dire ça, mais j'aimerais tellement être en restriction intense, avoir la gratification de perdre du poids, de voir mes os de plus en plus.
C'est quoi ça! C'est quoi ça? C'est n'importe quoi comme sentiment, je suis tellement esclave. Je ne peux rien aimer si je ne sens pas ce contrôle plus fort que tout.
I have to try harder, and harder. C'est juste ça que ÇA me dit.
03:14
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22.12.2010
Blablog
Awwwhh! La session est enfin terminée. Cela signifie deux semaines sans études, sans se soucier de se tenir à jour ou de respecter des échéanciers. J'y avais presque pris goût à réviser.
Je déteste les cours magistraux de trois heures; souvent, je suis attentive environ 30 minutes en tout. Mais quand je relis les présentations et mes notes, et que je comprends la matière à ma façon, là, je me met à aimer l'école. Dommage que je commence à me mettre dedans lors de la fin de session.
J'ai cette fois eu l'impression d'être en contrôle de la matière. J'aimerais tellement avoir de bons résultats à cette série d'examens. Il le faut, sinon, je ne comprendrais absolument rien.
Au moins, je vais pouvoir me reposer enfin. Vraiment, là c'est mon cerveau qui est fatigué. Je suis contente d'avoir du temps pour dessiner, écrire.
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Après un week-end passé chez mes parents: 52,9 (mardi matin). La semaine passée a pourtant été une semaine "légère". Et je reste dans le top des 52. Je crois qu'avoir repris la natation m'a certainement fait prendre du poids de muscle, parce que, sincèrement, il n'y a pas d'autre explication. Sauf, peut-être le fait que j'aie commencé à manger beaucoup de fruits séchés....en mangeant le même nombre de calories que d'habitude, sauf qu'il y a beaucoup de glucides dedans.
Donc, j'arrête d'en acheter; je m'en remet aux amandes, graines de tournesol, fèves de soya, barres de protéines et shakes de protéines. Je veux reprerdre ce que j'ai repris si stupidement. J'aimerais ré-avoir 51 pour la fin des vacances, ou au moins 51,5. Parce que je ne fais que reprendre depuis quelque temps, et c'est comme ça que ls kilos s'installent sournoisement sans qu'on l'aie remarqué.
Je ne me trouve pas mince, et j'ai l'impression que je suis devenue toute ronde de partout. Je déteste que ça, ça soit moi. Que je doive vivre avec ça comme corps. Pourquoi est-ce que perde du poids est si long et si facilement gâché...
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Autrement, je suis vraiment paisible. Je suis en paix avec le quotidien. J'ai juste envie que tout soit OK, et pas de m'en faire avec tout, de stresser. Je souris à peu de chose, j'ai simplement le coeur léger.
Et si quelque chose avait réellement changé en moi depuis deux semaines. Car j'ai été vraiment déprimée voire dépressive depuis des mois, et là, voilà que ça change sans que j'aie tellement fait quelque chose. (Mon médecin dit que, ma dose de médoc ayant été augmenté depsuis un mois et demi, il se peut qu'ils aient atteint leur plein effet seulement maintenant. Ça expliquerait.)
Anyway, ça va bien psycho parlant. Nothing more to say.
05:55
Écrit par Allie
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18.12.2010
From planet Earth
Quel mood étrange.
Je trouve le monde ridicule, superficiel et futile. J'ai regardé récemment un documentaire sur la mondialisation; les grandes compagnies qui s'enrichissent en exploitant les plus démunis, le fossé de statut économiques qui se creuse entre les riches et les pauvres, les premiers dominant les deuxièmes. Ce qui se passe à chaque seconde sur la planète, les uns détruisant les autres, les humains surexploitant la Nature. Le côté humain se perd. Vertus, valeurs et collectivité deviennent profit, pouvoir et performance. Il ne sert plus à rien d'être humain, il ne faut désormais qu'être producteur de quelque chose; de biens, de services, de tâches, de revenus (surtout de revenus!).
Je ne viens pas de me "réveiller" comme ça sur la situation de l'insipide race humaine. Au contraire, je l'ai été depuis beaucoup trop longtemps. Je pensais à l'utilité de chaque individu en lui-même sur Terre quand j'aurais dû encore grimper aux arbres et jouer à la tague dans la rue. J'ai évolué dans mon adolescence avec un goùt amer de faire partie de cette espèce qui croit dominer la Nature par sa technologie. J'ai cherché à voir, comme tous les adolescents, comment changer le Monde. Mais, la plupart des gens se calme avec l'âge; ils se trouvent une place dans cet engrenage qu'est la société, ils perdent leur envie de révolutionner le système social. Moi, j'essayer encore, no success.
Moi, je ne sais pas si j'y arriverai. Je ne vois nulle part où je pourrais m'insérer dans cette folie sans avoir envie de me tirer une balle au bout de deux jours. Ça me désole trop. Le marketing qui manipule les gens le moindrement crédules, les vendeurs de rêves pour faire croire à des temps meilleurs, des productions toujours plus grandes, toujours plus belles, toujours plus extraordinaires, moins coûteuses, plus efficaces.....avec plus d'exploitation des gens, plus d'exploitation des ressources qui finiront par s'épuiser, plus de pots-de-vin, plus de risques pour la santé des gens. Plus de machines, moins d'humanité.
Et l'impuissance. Voir tout ça qui nous entoure, et fait partie de notre paysage habituel, du brainwashing qu'on assimile sans s'en rendre compte, sans se poser de questions. Ne rien pouvoir faire, car on n'est qu'un cerveau, qu'un coeur et quelques muscles face a une industrie gigantesque et blindée.
Le sentiment de ne pas "fitter". Plus on est conscient, moins on est apte à se faire dominer et laver le cerveau, plus on est une menace pour les patrons. Plus on est conscient, plus on voit que l'humanité avance dans sa propre merde, à cause d'une poignée de gens tout-puissants et leurs compagnies.
Regarder autour de soi et y voir un territoire de désolation, de semblant de structure sociale, d'hypocrisie, d'âmes brisées qui survivent. C'est un gros "no man's land" avec une ombre qui plane au-dessus. Je ne vois pas d'avenir à cette société humaine au grand complet. Je ne veux même pas m'identifier à ça. Ça m'écoeure au plus haut point. Ça m'a toujours écoeurée, désolée, fait peur. Avec le temps, j'avais fini par me fermer les yeux.... comme tout le monde. La plupart des gens, c'est parce que ça fait leur affaire cette organisation. Ceux qui ont leur p'tit job 9h à 17h, où ils peuvent plus ou moins travailler, et prendre leurs mails, jaser avec leurs collègues, et s'offrir un voyage dans le Sud une fois par année. Eux, ils se ferment les yeux parce que ça ne les intéressent pas que des Éthiopiens pourraient survivre un an avec l'eau qu'eux utilisent pour laver leur Volvo familiale. Ils se ferment les yeux parce que ce n'est pas à eux de se soucier du fait que 48 enfants chinois sont entrés dans la fabrication du Père Noël gonflable qu'eux ont acheté pour mettre en avant de leur cottage unifamiliale en banlieue. En tout cas. Eux, ils sont bien, ils n'ont pas à se tourmenter du sort des moins chanceux.
Moi aussi donc, j'avoue, je me suis fermé les yeux depuis longtemps. Pour me préserver je crois. Car il me vient une telle rage de voir UN documentaire sur la fonte des glacìers à cause des gaz à effets de serre ou whatever et j'ai envie de giffler toute personne qui démarre son auto. TOUT, TOUT, TOUT est rendu si ridicule, si artificiel. Pourquoi ai-je l'impression qu'il ne reste plus rien de ce "human-being"? Je n'arrive pas à croire que je vis dans ce monde, que c'est réellement comme ça, que je ne suis pas en train de regarder un film américain qui finira bien, avec l'acteur principal et l'actrice de soutien qui s'embrassent à la fin. Je ne peux pas croire que ça est la vie. "Voilà, c'est le monde dans lequel vous vivrez, c'est un peu dégueu, mais c'est tout ce qu'on avait, vous vous habituerez."
Je me suis habituée en me fermant les yeux....shame on me maybe. Je ne vaux peut-être pas mieux que tous les autres, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour l'instant. Je suis quand même un animal à la base, j'ai des mécanismes de survies, et d'adaptation...ç'a été ça. Je me suis créé mon monde, je me fais croire que ceci n'est pas réel, que je n'ai pas à y vivre si je ne suis pas d'accord, si je n'en ai pas envie, si je n'arrive pas à m'y trouver une place qui me convienne.
Je crois que j'avais mis loin dans ma tête ce problème identitaire. Certaines personnes éprouvent des difficultés d'adaptation car, par exemple, leur personnalité et/ou leurs valeurs ne correspondent pas à celles de leur milieu. Moi j'ai l'impression que rien en moi ne correspond à ce qu'est la société humaine. J'exagère peut-être, sûrement. Je dois peut-être avoir le tempérament pour vivre sur une ferme qui s'étend à perte de vue, en élevant mes moutons, et mes chèvres....ou encore celui d'un moine tibétain vivant au sommet d'une montagne toujours submergée dans les nuages.
Fuck the society, just let me be me. Fuck everybody, I just don't wanna live this. Fuck, fuck, fuck. Mes yeux se sont rouverts, et, awrk, ce que je vois me lève le coeur, me frustre. C'est pas ça folk. C'est pas supposé être ça la vie. Just fuck all this. You don't get it, man.
06:35
Écrit par Allie
dans * RefleX-Î-On * |
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